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    UTMB : François D’Haene remporte le duel face à Kilian Jornet

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    UTMB François D'Haene

    Au prix d’une course ultra rapide bouclée en 19h01 (sur un parcours légèrement raccourci), François D’Haene remporte à la mi-journée sa troisième couronne sur l’UTMB, égalant Kilian Jornet, 2e du jour, au nombre de victoires.

    Un UTMB 2017 qui a tenu toutes ses promesses

    Malgré des conditions très difficiles mêlant froid, brouillard, pluie et neige depuis le départ hier vendredi de Chamonix à 18h30, les favoris de cette édition « historique » au vu de la densité du plateau élite se sont livrés un combat homérique sur les 167km de la boucle proposée. (Deux variantes dues à la météo)

    À l’heure du départ, on ne savait trop si les favoris allaient se jauger, se regarder, ou si au contraire ils allaient d’entrée se livrer et partir sur un rythme élevé. Le premier tiers de la course a vite donné une réponse. Si Kilian Jornet prend son temps sur les premiers kilomètres de course en toute décontraction, il va vite suivre le rythme imposé par François D’Haene, Xavier Thévenard ou Jim Walmsley. Il a fallu attendre le col du Bonhomme (km43), pour voir un premier favori, Xavier Thévenard, décrocher légèrement. Les trois autres leaders ont continué leur périple nocturne dans le froid et l’humidité. À Courmayeur, vers 2h30 du matin, Jim Walmsley possède 5 minutes d’avance sur le duo Jornet-D’Haene.

    « Il s’est arrêté pour être moins seul… »

    Habitué à des départs tonitruants, l’Américain, dont c’est la première expérience sur l’épreuve, a cette fois-ci adopté une stratégie plus sage. « Contrairement à ses habitudes il s’est arrêté sur les premiers ravitaillements pour attendre les autres, être moins seul dans la nuit et se faire plaisir. La course commencerait vraiment au lever du jour… » assure son team. Info ou intox.. Attendre les autres, une stratégie originale sur une course…

    UTMB 2017 Jim Walmsley

    Jim Walmsley “craque” au tiers de la course

    C’est en effet, après l’ascension du Grand col Ferret (km102), soumis à un vent tempétueux, et à des chutes de neige qui ont rendu la progression dantesque, que Walmsley et D’Haene passent en tête. Derrière, Jornet digère « un coup de moins bien » ressenti depuis Courmayeur tandis que la longue descente vers la Fouly scelle le sort de l’Américain, transi de froid, et victime de grosses ampoules. Ses arrêts prolongés à la Fouly, puis à Champex-Lac le décrochent définitivement de la tête de course.

    Un duel D’Haene-Jornet

    Devant, les visages marqués de D’Haene et Jornet n’indiquent pas forcément une forme vraiment meilleure, mais leur plus grande expérience de la montagne et de la course va sans doute les avantager…

    UTMB 2017 François D'Haene

    À Trient, l’avance de D’Haene sur Jornet laisse entrevoir une issue favorable au coureur français.

    « Une bataille contre soi »

    « Dans ma gestion je me suis un peu laissé prendre au jeu et mon allure a été davantage rapide quand 2014. Mes sensations étaient bonnes, mais les derniers kilomètres ont été durs physiquement et moralement. Parmi les bons souvenirs de cette édition, je vais longtemps garder en mémoire la nuit agréable entre la Balme et la Fouly, à courir en compagnie de Kilian et Jim et notre fatigue au lever du jour. On était vraiment fatigués quand le jour s’est levé, mais il fallait en finir ! Et là, ça s’est compliqué. Heureusement, il y avait du monde partout sur le parcours, malgré la pluie, pour t’encourager, c’était juste incroyable… Ce n’était pas forcément une bataille contre les autres, mais plutôt contre soi. Quand j’ai attaqué la descente du Grand col Ferret, on ne voyait rien, on était gelé, on avait les jambes toutes dures » dit François d’Haene, désormais triple lauréat.

    Kilian Jornet donne rendez-vous à D’Haene

    UTMB 2017 François D'Haene Kilian Jornet

    « il mérite largement cette victoire »

    Beau joueur, Kilian Jornet, qu’on n’a pas l’habitude de retrouver sur la 2e marche d’un podium, salue la prestation de son équipier de team. « C’était une course très dure, qui est partie vite tout de suite. Après Courmayeur, j’ai essayé de conserver un écart raisonnable avec François. À Champex j’ai un peu récupéré mais pas assez pour rattraper François. C’était un super moment, une grande compétition entre nous. Je savais que François serait mon principal adversaire, il a toujours montré beaucoup de classe et de talent sur les longues distances, et il mérite largement cette victoire » conclut Jornet, avant de donner rendez-vous à D’Haene l’an prochain, pour qu’ils puissent se départager au nombre de victoires sur l’UTMB (3 pour chacun des deux athlètes). François D’Haene, avec sympathie, lui donne rendez-vous dans 5 ans. 5 ans comme le nombre d’année d’absence de Jornet sur l’UTMB.

    Une victoire partagée et des vendanges à venir arrosées

    utmb-vin

    François D’Haene a tenu à souligner que cette victoire, comme les autres n’est pas uniquement la sienne. « Je tiens à la partager avec ma famille, mes amis, mon team, les organisateurs, les trailers et le public qui m’a encouragé tout au long du parcours avant de me réserver un accueil fabuleux et inoubliable dans les rue de Chamonix.  » Dès jeudi 7 septembre, François d’Haene troque sa panoplie de trailer contre celle de vigneron. Des vendanges qu’il annonce très arrosées !

    Les américains s’approchent du titre…

    Les États-Unis placent l’un de leurs représentants sur la 3e marche du podium, en la personne de Tim Tollefson, toujours aussi à l’aise sur la fin de course, arrivé devant Xavier Thévenard, auteur lui aussi d’une belle fin de parcours. Il a repris Jim Walmsley (5ème) dans le col des Montets, et termine cette édition au pied du podium.

    UTMB Tim Tollefson

    Victoire de Nuria Picas et abandon de Caroline Chaverot

    La Catalogne va vivre tout de même son heure de gloire, grâce à Nuria Picas, enfin victorieuse de l’UTMB, après deux secondes places et plusieurs désillusions sur une épreuve qui semblait se refuser à la double vainqueur de l’Ultra Trail World Tour (2014 et 2015). L’athlète catalane monte sur la plus haute marche, mais il en a fallu de très peu pour que ce « rêve » ne s’évapore à quelques kilomètres de l’arrivée. Victime d’une crise d’asthme dans la montée vers la Flégère, Nuria a vu fondre sa confortable avance accumulée sur les 150 premiers kilomètres du parcours (20 minutes avant la dernière descente menant à Chamonix). Par miracle, les 8 derniers kilomètres lui ont permis, pour un souffle de conserver son leadership. L’arrivée de Nuria a été d’une très grande émotion avec quelques larmes montrant la puissance de son engagement jusqu’au passage de l’arche.

    utmb nuria picas

    Andrea Huser, à qui il va finalement manquer moins de trois minutes pour faire la jonction avec Picas, se contente d’une nouvelle 2e place, avec quelques regrets à l’arrivée. « Dans la dernière descente, j’étais un peu comme dans un rêve, déconnectée. Je n’ai pas trop réalisé que j’étais si proche de Nuria. Je crois que si je l’avais su avant, j’aurais tout fait pour la rattraper et finir main dans la main sur la ligne ! ». La réelle surprise vient de la Française Christelle Bard, 3e de l’épreuve, après une seconde partie de course très bien menée. Déjà 3e de la TDS l’an dernier, la Briançonnaise boucle là le premier 100 miles de sa carrière, avec une réussite insolente !

    Caroline Chaverot, grande favorite et victorieuse en 2016 de l’UTMB a été contrainte à abandonner. « Dix jours avant la course, j’ai eu la désagréable surprise d’apprendre que mon taux d’hémoglobine avait chuté et que je suis en dessous du seuil d’anémie. Du coup, je n’étais pas optimiste mais j’espérais que sur du long cela passerait. En fait, j’étais de plus en plus essoufflée, vidée de mon énergie et incapable de m’alimenter. En quittant le refuge Bertone, j’ai réalisé que j’étais si épuisée que je n’avais aucune chance d’arriver au bout de la course. J’ai donc rejoint Arnuva et rendu mon dossard, la mort dans l’âme Dorénavant, me sachant sensible aux anémies, je vais essayer de surveiller mon hémoglobine beaucoup plus souvent. J’espère pouvoir revenir sur l’UTMB en 2018, pour enfin faire une belle course. »

    Crédit photos Olivier Vin et Damien Rosso

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