Frédéric Tranchand
© Scott Running

Inconnu il y a quelques mois, Frédéric Tranchand est aujourd’hui le traileur français n°1. Coups d’éclat, ascension fulgurante, ce spécialiste de course d’orientation est venu chambouler la hiérarchie dans une année 2020 bien terne. Un vent de fraîcheur flashé bien souvent au-dessus de la limite autorisée, Frédéric Tranchand n’a pas mis longtemps pour démontrer toutes ses qualités. Désormais sous les feux des projecteurs, le Français qui vient de s’engager avec le Team Scott espère bien continuer son petit bonhomme de chemin.

De retour dans l’Hexagone après quelques années d’expatriation, Frédéric Tranchand entame 2021 avec ambition. “Le programme va être chargé entre la Course d’orientation et la saison de trail” nous confie-t-il. Et pour cause, avec d’un côté les Championnats du monde début juillet en République tchèque, et de l’autre le circuit des Golden Trail Series, le numéro 1 français au classement ITRA aura de quoi s’occuper.

2020, la révélation

Soyons honnêtes, qui connaissez Frédéric Tranchand avant son premier coup d’éclat, en Suisse, sur le parcours de Sierre-Zinal ? Personne ou presque. Pour cette première, le Français n’a pas fait dans les sentiments en réalisant un temps impressionnant de 2h33’45”. En 2020, seul un homme a fait mieux que lui : Kilian Jornet, le gardien du temple, record man de l’épreuve, qui boucla le parcours 30 secondes plus vite, certes loin de son 2h25’35 de 2019.

Rapidement, les médias spécialisés s’intéressent au Français, qui de son côté, ne mettra pas longtemps pour confirmer. Un mois plus tard, il remporte la fameuse Skyrace des Matheysins et claque un très beau chrono (2h23’42) laissant le deuxième à près de 5 minutes ! Et puis, le grand rendez-vous de l’année 2020 dans le monde du trail, le Golden Trail Championship, finira de convaincre les derniers hésitants que Frédéric Tranchand est déjà parmi les meilleurs de la discipline. Vainqueur de la première étape, troisième au général, il a profité de l’occasion pour impressionner la star Jim Walmsley, qui le révélait récemment dans le podcast de Dylan Bowman.

“Le trail m’a permis d’être reconnu chez moi, en France”

Frédéric Tranchand

Avant ce dernier semestre 2020, Frédéric Tranchand le reconnaît lui-même, “personne ne me connaissait en France“. Spécialiste de course d’orientation, sport très populaire dans les pays scandinaves, il est membre de l’équipe de France et figure parmi les meilleurs de la discipline. Après un passage en Australie, c’est en Finlande qu’il avait posé ses valises, travaillant à mi-temps. “Dans les pays nordiques, la course d’orientation est un sport majeur qui est très populaire. Il y a beaucoup de monde qui s’y intéresse, il y a une certaine reconnaissance.”

Le Français était jusqu’à récemment plus connu ailleurs que chez lui, dans l’Hexagone. “Le trail m’a permis d’être reconnu ici, c’est toujours plaisant“. Mais c’est sans amertume que Frédéric Tranchand nous dévoile cette part de sa vie de sportif, révolue aujourd’hui.

Frédéric Tranchand
Le Français intègre le Team Scott Running – © Scott Running

Les orienteurs dominent le trail

S’il a fait sensation cette année, Frédéric Tranchand nous rappelle qu’il est loin d’être le seul orienteur à s’être essayé au trail. “Le plus connu aujourd’hui est sans doute le Suisse Marc Lauenstein.” Bien connu pour ses performances de haut vol sur les classiques françaises et internationales, on comprend mieux d’où lui viennent ses qualités de descendeur, souvent un point fort chez les orienteurs.

En 2020, la Suédoise Tove Alexandersson, elle aussi issue de la course d’orientation, a également fait sensation, notamment à la Skyrace des Matheysins où elle s’est imposée (performance cotée à 820 ITRA !) devant la meilleure Française du moment, Blandine L’Hirondel. Cette fois encore, c’est en descente que la Suédoise a fait la différence. Frédéric Tranchand reconnaît l’aisance de ses collègues (et de lui même) dans cet exercice : “En course d’orientation, on est quasiment en permanence hors sentier. On a l’habitude de courir sur des terrains meubles, où l’on ne voit pas vraiment ce qu’il y a sous nos pieds. Forcément ça nous donne quelques prédispositions en descente où l’on est capable d’engager sans trop d’appréhension“. Autre point et non des moindres : “on court en lisant des cartes, on a aussi l’habitude de tomber“. 

“L’entraînement en course d’orientation est plus exigeant”

Frédéric Tranchand

Lorsque l’on dévie sur l’entraînement, Frédéric Tranchand a là aussi beaucoup à dire. Une chose est sûre : si la course d’orientation n’est pas très médiatisée en France, cette discipline n’en est pas moins très cadrée, avec des athlètes qui passent beaucoup de temps à l’entraînement, en suivant des démarches “professionnelles” bien que la plupart travaillent à côté de leur sport. C’était le cas du Français qui reconnaît que la course d’orientation “est plus exigeante que le trail en termes d’entraînement, surtout d’un point de vue logistique“. 

Vous comprendriez bien que contrairement au trail, il n’y a que peu d’intérêt à parcourir encore et toujours le même spot. “Le temps de préparation des entraînements est important : étudier les cartes, disposer les balises, tout ce travail en amont demande du temps.” Là où un traileur enfile une paire de baskets et part sur le premier sentier, l’orienteur doit souvent d’abord se déplacer.

2021, sur tous les tableaux

Tout juste sorti d’un stage partagé avec le Team Matryx, Frédéric Tranchand enchaînera dans quelques jours avec l’équipe de France junior de course d’orientation, discipline à laquelle il va se consacrer sur cette première moitié d’année 2021. “Rejoindre le Team Scott va me permettre de me consacrer au sport à plein temps. C’est une vraie chance pour me préparer au mieux pour les Championnats du monde début juillet“.

Frédéric Tranchand
© Scott Running

Pour les curieux, il faudra donc patienter l’été pour voir le Français avec un nouveau dossard en trail. “Je participerai au Golden Trail Series“. Dolomyths Run, Sierre-Zinal, Pikes Peaks, Ring of Steall, on devrait le retrouver sur au moins trois de ces quatre courses. Pas de Zegama ni de Marathon du Mont Blanc, mais possiblement “quelques Skyraces si le calendrier le permet“. Des formats courts et rapides, techniques si possible, et l’on devrait le voir une nouvelle fois jouer les premiers rôles. Cette fois-ci, sur la ligne de départ, tous ses adversaires auront un oeil sur lui…

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